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6)Les croisades.

Nous ne sommes pas les premiers à nous croiser ; depuis l'an 700, les pélerins sont de plus en plus nombreux à se rendre sur les chemins de notre Seigneur Jésus Chist, Bethléem où il est né, Nazareth, où il a vécu son enfance auprès de Marie et de Joseph, et surtout la ville sainte par dessus tout Jérusalem où il a vécu sa passion.

 

 

 

La Palestine est aux mains des musulmans, mais Charlemagne a obtenu auprès d'eux, le droit pour les chrétiens d'aller en pélerinage à Jérusalem, contre l'acquittement d'un tribut.

La situation se détériore en 996, lorsque la dynastie des fatimides venue d'Afrique du nord, prend possession de la ville sainte.

Avec l'arrivée des Turcs seldjoukides, le sort des chrétiens d'orient se dégrade encore, le saint sépulcre est détruit en 1078. Cette nouvelle situation bouleverse l'équilibre déjà précaire entre chrétiens et musulmans ; la destruction du symbole chrétien et les horreurs répétées envers les pélerins sont à l'origine de la guerre pour délivrer les lieux saints.

 

La première croisade, reprendre les lieux saints aux musulmans :

Face à la situation, une terre sainte devenue quasiment inaccessible aux pélerins, le pape Urbain II réunit un concile à Clermont en 1095 et invite les chevaliers de tout le royaume à libérer le tombeau du Christ, en leur promettant une place au paradis. C'est au cri de « Dieu le veut ! »que la foule répond avec enthousiasme à l'appel du pape.

C'est Godefroy de Bouillon, seigneur respecté de Flandre qui organise cette gigantesque entreprise, et c'est de Boulogne sur mer que se met en route la première croisade.

Le siège d'Antioche commence en novembre 1097, avec du matériel transporté par une flotte génoise, mais l'hiver rend le ravitaillement difficile et la famine s'installe dans le camp des chrétiens ; un chroniqueur évoque même la présence de pratiques anthropophages au cours du siège :  « A Ma'arat, les nôtre firent cuire des païens adultes dans des marmites et embrochèrent des enfants pour les manger rôtis ».

Malgré les victoires remportées sur les armées de Damas, puis d'Alep, le moral des assiégeants n'est pas bon, et les défections sont nombreuses. Bohémond parvient à se faire promettre la ville au détriment de l'empereur byzantin soupçonné d'intriguer avec les turcs, s'il y entre le premier. Durant l'été, tandis qu'une épidémie sévit à Antioche, emportant le légat Adhémar de Monteil, les croisés se répandent dans les régions voisines , s'emparent au sud de Lattaquié et Ma'arrat, et consolident leurs positions en Cilicie.

 

L'armée croisée prend alors la route de Jérusalem, le 13 janvier 1099, remontant la vallée de l'Oronte, sans être inquiétée par les émirs arabes de la région ; rejoignant la côte, elle s'empare de Tortose et de Maraclée. Suivant la côte jusqu'à Jaffa, les croisés entrent à Bethléem le 6 juin, et mettent le siège devant Jérusalem le lendemain. La ville fortifiée et entourée de ravins, sauf au nord, attend des secours d'Egypte. Les assiégeants manque d'eau, de bois et d'armes et ne sont pas assez nombreux pour l'investir.

Une expédition en Samarie et l'arrivée d'une flotte génoise à Jaffa, fournissent le matériel nécessaire à la construction de machines de siège, une série de jeûnes purificateurs et une procession autour de la ville rendent son sens de pélerinage à la croisade ; après un assaut difficile de deux jours, la ville est prise le 15 juillet 1099.

La ville devient capitale du royaume latin de Jérusalem, les musulmans et les juifs sont chassés de la ville pour des décennies.

Les défenseurs de la citadelle ont la vie sauve grâce à Raymond de Saint Gilles qui leur accorde un sauf-conduit conduit jusqu'à la côte, il n'en va pas de même des habitants qui se sont réfugiés dans les mosquées de l'esplanade du temple ; ceux là sont massacrés malgré les ordres de Tancrède, le neveu de Bohémond de Tarente.

 

Après la conquête de la ville sainte, certains chevaliers décident de rester sur place et fondent le royaume de Jérusalem, avec pour objectif de veiller sur le tombeau du Christ. De l'Asie mineure jusqu'en Egypte, les croisés ont conquis des territoires aux dépens des turcs de Syrie et des fatimides d'Egypte. Ces terres annexées par les francs deviennent les quatre états latins : le compté d'Edesse, le compté de Tripoli, la principauté d'Antioche et le royaume de Jérusalem.

Ces états doivent maintenant être défendus et c'est dans ce contexte que va se créer l'ordre religieux et militaire du temple en 1118.

Le 12 août 1099, le vainqueur, Godefroy de Bouillon, complète son succès en écrasant une armée égyptienne très supérieure en nombre à Ashkelon (ou Ascalon). De cette ville les croisés ramèneront en occident l'échalotte, ou oignon d'Ascalon.

 

La deuxième croisade eut lieu de 1147 à 1149.

 

En 1144, les musulmans reprirent le comté d'Edesse (l'un des quatre états d'orient fondé par les croisés). Le pape ordonna alors de former une nouvelle croisade. Elle est prêchée par Bernard de Clairvaux, à l'assemblée de Vézelay, en Bourgogne, en 1146. L'expédition est conduite par le roi de France Louis VII, le jeune, et l'empereur germanique Conrad III. Les désaccords entre les chefs, le manque d'organisation et les erreurs militaires entraînèrent une série de revers des forces croisées. Après que ses troupes eurent été décimées à Dorylée, Conrad rentra en Allemagne. Louis VII, quant à lui était peu expérimenté pour mener la guerre, et il se heurtait bien souvent à la perfidie des byzantins. Les survivants rejoignirent Jérusalem, puis déclenchèrent une attaque contre Damas, sans pouvoir s'emparer de cette ville. La nouvelle de l'arrivée de renforts musulmans contraignit les chrétiens à lever le camp et à rentrer sans gloire en Europe. En deux années seulement, le prestige des armées croisées était tombé si bas que l'on pouvait penser que plus personne ne voudrait reprendre les armes.

La troisième croisade, la croisade des rois, (1189-1192).

Quarante années passèrent, pendant lesquelles chrétiens et musulmans vécurent souvent en bon voisinage. Beaucoup d'anciens croisés avaient épousé des femmes arabes et avaient adopté nombre de coutumes orientales. Les échanges commerciaux étaient très intenses entre les ports du Levant et ceux des côtes italiennes. Le plus important des personnages du monde musulman était alors le sultan d'Egypte, Salâh al-Dîn, dit Saladin, qui avait étendu sa domination sur une grande partie du Levant et établi de bons rapports avec les chrétiens. Mais la violation de ce statu quo par quelques seigneurs fanatiques ramena la guerre dans la région. Saladin battit les chrétiens à la bataille d'Attîn et entra en vainqueur à Jérusalem en 1187. La prise de la ville entraîna l'appel à la troisième croisade. Elle fut appelée la « croisade des rois » parce qu'à sa tête se trouvaient les souverains les plus prestigieux d'Occident : l'empereur Frédéric Barberousse, le roi de France Philippe Auguste et le roi d'Angleterre Richard Cœur de Lion.

Les armées réunies étaient très importantes. Mais à peine arrivé en Asie Mineure, Frédéric Barberousse se noya pour avoir traversé une rivière avec son armure. Les deux souverains survivants reprirent la ville de Saint-Jean d'Acre. Puis les événements prirent une autre tournure. Le roi de France n'avait qu'une seule hâte : retourner dans sa patrie et profiter de l'absence de Richard pour mettre la main sur les possessions françaises de ce dernier. Resté seul, le roi anglais accomplit des prodiges, mais il n'est plus en mesure de battre Saladin. Aussi conclut-il, en 1192, une trêve avec son valeureux adversaire. L'accord stipulait que Jérusalem restait aux mains des musulmans, qui s'engageaient en retour à protéger les pèlerins chrétiens se rendant dans la ville Sainte. De plus, les Francs conservaient les ports du Levant, ainsi que Chypre.

Cette croisade est certainement l'une des plus célèbres. Le grand sultan Saladin était très respecté des chrétiens qui le considéraient comme le « reflet immaculé de la Chevalerie ». Face à lui, Richard Cœur de Lion, un redoutable guerrier, très endurant au combat.

La quatrième croisade - la « croisade de Venise » (1202 – 1204).

La quatrième croisade fut inspirée par le pape Innocent III, qui mit les souverains chrétiens en demeure de reprendre les armes et de libérer le Saint Sépulcre des mains des musulmans. A la différence de la précédente, ce fut une croisade conduite par de simples chevaliers : Boniface de Montserrat, Baudouin de Flandre et Geoffroy de Villehardouin. Son objectif initial était l'Égypte, mais elle fut complètement déviée de son but par les Vénitiens.

Ceux-ci s'étaient engagés à pourvoir au transport des troupes contre le paiement d'une somme très importante. Comme les croisés n'avaient pas réussi à réunir entièrement l'argent, les Vénitiens exigèrent la prise de la ville de Zara (aujourd'hui Zadar en Yougoslavie), qui faisait concurrence à la sérénissime république : en cinq jours, cette cité chrétienne fut prise. Puis les croisés se dirigèrent vers Constantinople qu'ils mirent à sac en 1204. Venise se fit céder des territoires byzantins. Le chef croisé Baudouin devint le premier empereur de l'Empire latin d'Orient. Ainsi s'acheva cette croisade de chrétiens contre d'autres chrétiens : on était loin de l'idéal d'un Godefroy de Bouillon.

La « croisade des enfants » (1212) et la cinquième croisade (1217 – 1221).

La « croisade des enfants » (1212) : Pour faire oublier le scandale de la quatrième croisade, on laissa croire que seuls des enfants innocents pouvaient miraculeusement libérer le Saint Sépulcre. Des prédicateurs fanatiques surent convaincre les parents de plus de 30 000 enfants de les laisser partir désarmés, sans ravitaillement, complètement démunis. A Gênes, de malhonnêtes commandants de navires les firent passer en Égypte et en Tunisie, où, naturellement, ils furent vendus comme esclaves. 

La cinquième croisade (1217 - 1221) : La cinquième croisade est également prêchée par le pape Innocent III. Après une expédition infructueuse des rois de Chypre et de Hongrie, le roi de Jérusalem Jean de Brienne tente d'envahir l'Égypte dont le sultan contrôlait la Terre Sainte : il réussit à prendre Damiette en 1219 avec l'aide précieuse des chevaliers templiers. Trois années plus tard, l'armée occidentale progressant sur le chemin du Caire, se fait surprendre par une crue du Nil et doit capituler : les musulmans leur imposent de libérer Damiette en échange de la possibilité de reprendre la mer sans être inquiété.

La sixième croisade (1228 – 1229).

L'empereur germanique Frédéric II, excommunié pour avoir rompu avec le pape Grégoire IX, fut pratiquement obligé de partir en croisade. Il partit avec beaucoup de retard et arriva en Terre sainte en 1228, avec seulement 3 000 soldats. Après 5 mois de négociations avec le sultan d'Egypte Al-Kâmil, il parvient par la diplomatie à signer le traité de Jaffa. Il obtint ainsi la restitution de Béthléem, de Nazareth et même de Jérusalem au royaume latin. A Jérusalem, les musulmans gardent la possession de leurs temples et mosquées, tandis que les chrétiens récupèrent le Saint Sépulcre. Mais ce succès ne fut pas reconnu en Occident, où l'on se scandalisa de l'accord conclu avec les infidèles ! En 1244, les musulmans reconquirent Jérusalem, qui ne devait jamais plus retourner en mains chrétiennes.

L'empereur germanique Frédéric II de Hohenstaufen (1220-1250)

Etonnant succès de cet empereur germanique qui récupère Jérusalem sans avoir versé une goutte de sang.

Jocerand de Brancion devait encore prendre la croix et trouver une mort 
glorieuse dans les plaines de Mansourah, où il avait suivi saint Louis avec 
la fleur de la chevalerie française. 

Les croisés bourguignons partirent au mois d'août 1249, quelques jours 
après la concession rapportée ci-dessus. Jocerand de Brancion emmenait avec 
lui son fils Henry et le fils de Jocerand de Nanton. Le seigneur de Brancion 
était, nous dit Joinville, « li uns des meillours chevaliers qui fust en l'ost » ; 
mais, depuis le débarquement des croisés en Egypte, les Musulmans avaient 
si mal « orée », malmené sa troupe, que tous ses chevaliers étaient à pied ; 
lui, son fils et le fils du seigneur de Nanton avaient seuls des chevaux, et 
encore ces deux derniers « retint à cheval, pour ce que il estoient enfant ». 
A la bataille de la Massoure, « li desconfirent li Turc sa gent » ; comme les 
Musulmans serraient de trop près sa bataille, son escadron, Jocerand de 
Brancion poussa son cri de guerre : Au plus fort delà mêlée! A ce cri, messire 
Henry de Coone, chevalier de l'armée du duc de Bourgogne, fit « traire les arba- 
« lestriers le Roy aus Turcs parmi la rivière », et ainsi le sire de Brancion 
échappa « du meschief » de cette journée ; mais presque tous ses hommes 
d'armes restaient sur le champ de bataille, douze de ses chevaliers sur vingt 
étaient tués, « et il mesmes » grièvement blessé, a fut si malement atournez 
« que onques puis sus ses piez n'esta, et fu mors de celle bleceure ou servise 
« Dieu a ». 

Jocerand de Brancion s'était trouvé à trente-six batailles ou combats. Un 
jour de « Grant Vendredi (Vendredi Saint), je le vis », raconte Joinville, « en 
« un ost le conte de Chalon, cui cousins il estoit; et vint à moy et à mon 
« frère, et nous dist : « Mi neveu, venés à moy aidier, et vous et vostre gent ; 
« car li Alemant brisent le moustier. » Nous alames avec li, et lour courûmes 
« sus, les espées traites ; et à grant peinne et à grant hutin (à grande lutte), 
€ les chassâmes dou moustier. Quant ce fut fait, li preudom s'agenoilla 
« devant l'autel, et cria merci à Nostre Signour à haute voiz et dist : Sire, 
« je te prie qu'il te preigne pitié de moy, et m'ostes de ces guerres entre cres- 
« tiens, là où j'ai vescu grant piesce (longtemps) ; et m'otroies que je puisse 
« mourir en ton service, par quoi je puisse avoir ton règne de Paradis. » Et, 
ajoute Joinville, « ces choses vous ai-je ramenteu pour ce que je croi que 
« Diex li otroia, si comme vous povez avoir veu ci-devant ». 

Jocerand de Brancion avait épousé, en 1220, Marguerite de Vienne, fille 
unique de Gaucher IV, sire de Salins, et de Mathilde de Bourbon. Marguerite 
de Vienne était alors veuve de Guillaume dé Sabran, comte de Forcalquier ; 
elle mourut en 1259. Jocerand de Brancion et Marguerite de Vienne eurent : 

Henry, qui suit; 

Guillaume, chanoine de Saint-Vincent de Chalon ; 

Aluis, mariée à Ansier de Sercy. 
D'après certains auteurs, Jocerand de Brancion et Marguerite de Vienne 
auraient encore eu un fils nommé Pierre, duquel descendraient les Brancion- 
Visargent. Pierre de Brancion aurait épousé la veuve de Raynald ou Renaud IV, 
seigneur de Bagé et de Bresse, mort à la croisade en 1250. Si vraiment Pierre de Brancion 
eût été frère de Henry, il aurait eu quelques droits dans l'héritage de leur père 
Jocerand ; il serait peut-être question de lui dans les chartes de confirmation 
de la vente des seigneuries de Brancion ou, peut-être encore, comme Aluis, 
sœur de Henry, il aurait vendu ses droits au duc de Bourgogne. Mais aucune 
trace de lui dans ces actes. Je crois que Pierre de Brancion descend plutôt 
d'une branche cadette, peut-être de celle formée par Guillaume de Brancion, 
fils de Bernard Gros H.

Voilà en quelques mots l'histoire des preux qui nous ont précédé, racontée par Guillaume un écuyer sergent du sire Thibaut de Rodez, tous deux templiers à la commanderie de la Couvertoirade sur le plateau du Larzac.

Nous devisons encore de longues heures sur le pont du navire, embarqués pour la septième croisade celle de Saint Louis, alors que nous voguons entre la corse et l'Italie, sur une mer apaisée, qui commence à m'accepter et que je commence à aimer.



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