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le prisonnier

  • 6)Les croisades.

    Nous ne sommes pas les premiers à nous croiser ; depuis l'an 700, les pélerins sont de plus en plus nombreux à se rendre sur les chemins de notre Seigneur Jésus Chist, Bethléem où il est né, Nazareth, où il a vécu son enfance auprès de Marie et de Joseph, et surtout la ville sainte par dessus tout Jérusalem où il a vécu sa passion.

     

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  • 18)La vie à Rougepont, les croisés.

    La vie s'écoule paisiblement à la commanderie, entre les ferrages, la forge des outils et les prières.

    Aux XIe et XIIe siècles, le renouveau du monachisme chrétien vit la fondation de nombreux ordres religieux avec notamment les convers qui privilégiaient le travail manuel, et la rénovation de la vie canoniale qui adopta la règle de saint Augustin, les chanoines (ordre de Saint-Lazare de Jérusalem) ou des moines (ordre de Saint-Jean de Jérusalem) s'engageant dans des activités hospitalières ou dans la vie paroissiale. C'est dans ce contexte religieux que l'Église catholique incita les chevaliers du siècle à devenir des milites Christi, autrement dit des « chevaliers du Christ » désirant combattre les infidèles en Terre sainte.

    Le pape Urbain II prêcha la première croisade le , dixième jour du concile de Clermont. La motivation du pape à voir une telle expédition militaire prendre forme venait du fait que les pèlerins chrétiens en route vers Jérusalem étaient régulièrement victimes d'exactions voire d'assassinats.

    Le pape demanda donc au peuple catholique d'Occident de prendre les armes afin de venir en aide aux pèlerins et aux chrétiens d'Orient. Cette croisade eut alors comme cri de ralliement « Dieu le veut ! », et tous ceux qui prirent part à la croisade furent marqués par le signe de la croix, devenant ainsi les croisés (terme qui n'apparaît qu'au concile de Latran IV en 1215 :  Cette action aboutit le à la prise de Jérusalem par les troupes chrétiennes de Godefroy de Bouillon.

    Hugues de Payns le fondateur et premier maître de l'ordre du Temple, vint pour la première fois en Terre sainte en 1104 pour accompagner le comte Hugues de Champagne, alors en pèlerinage. Ils en revinrent en 1107 puis y repartirent en 1114, se mettant alors sous la protection et l'autorité des chanoines du Saint-Sépulcre, avec leurs chevaliers qui œuvrèrent alors à la défense des possessions de ces chanoines et à la protection du tombeau du Christ

    La principale mission de l’ordre des templiers est de protéger tous les chrétiens en pèlerinage sur la Terre Sainte. Les pèlerins doivent débarquer à Saint-Jeand’Acre avant de parcourir plusieurs kilomètres à pied pour se rendre sur les lieux saints. Les templiers, en tant que des gendarmes,sont chargés de sécuriser les routes, en l’occurrence celle qui mène de Jaffa à Jérusalem. Ils doivent également assurer la sécurité sur la route de Jérusalem au Jourdain ainsi que la protection de plusieurs lieux saints.

    Ils participent notamment à plusieurs croisades ainsi qu'à de nombreux pèlerinages armés au cours desquels ils font partie de la garde rapprochée des rois et des souverains d’Occident. En outre, les templiers ont le droit d’abriter des reliques de saints auxquels leurs chapelles sont dédiées. Entre autres des reliques les plus importantes de l’ordre, il y a le manteau de saint Bernard, des fragments de la Vraie Croix ou encore les morceaux de la couronne d’épines.

    Les templiers, membres de l’ordre du temple:

    Chevaliers du Temple de Salomon et du Christ, les templiers sont voués à la protection des chrétiens en pèlerinage sur la Terre Sainte. Laïcs, frères ou prêtres, ces hommes sont avant tout des militaires et participent à de nombreuses croisades. Après la chute de Jérusalem, ils retournent en Occident et beaucoup deviennent des banquiers de princes et de la papauté.

     

     

    Les habits et équipements militaires des templiers

    L'habit des templiers, plus qu'une tenue, est aussi un symbole de l'ordre. Il est composé d'un tabard, aussi appelé cotte d'arme ou jupon d'arme. Porté par les soldats au-dessus de leur cuirasse, il les protège surtout contre la chaleur. Fabriquée avec des matériaux résistants, la cotte de mailles est utilisée par les soldats pour se protéger. Pour renforcer leur protection, les chevaliers portent également des chausses de cuir attachées avec des lanières. Enfin, ils se protégent aussi en portant le bouclier, le casque et le heaume.

    Les équipements militaires sont essentiellement composés d'une épée, d'une masse et d'une lance. L'épée a un bout arrondi et un double tranchant. Cependant, il est impossible de l'utiliser pour transpercer par exemple une cotte de mailles. Il a plutôt la même fonction qu'une masse d'armes. Par contre, la masse d'armes des templiers est particulièrement très efficace au point où les ennemis blessés en meurent quelques minutes d'hémorragie interne. Aussi, chaque frère a trois couteaux dont un poignard ou une dague.

    Les symboles des templiers

    La croix rouge des templiers est leur principal symbole qui représente leur identité. En effet, par cette croix, les chevaliers de l’ordre du temple signifient leur appartenance à l’Église. Pour les armées chrétiennes qui participent aux croisades, la croix désigne également le sacrifice et la souffrance de Jésus-Christ. Elle rappelle aussi à celui qui la porte que les portes du paradis lui sont ouvertes.

    templier symbole

    Aussi, la croix templière symbolise la puissance. Elle est notamment utilisée pour mettre en déroute l’armée adverse. Par exemple, le simple fait de brandir dans les airs la bannière blanche suffit pour déstabiliser les ennemis. Par ailleurs, il convient de rappeler que la croix des templiers a connu plusieurs évolutions.

    Les batailles les plus célèbres des templiers:

    Les templiers ont longtemps été des soldats d’élites. Au fil des siècles, ils étaient sur plusieurs champs de bataille.

    Le second siège d’Ascalon (16 août 1153)

    Les templiers ont activement participé en 1153 au siège d’Ascalon, une ville alors occupée par les Égyptiens. Après avoir essuyé une grosse défaite suite au siège de Damas, Baudouin III, le roi de Jérusalem, décida alors d’attaquer Ascalon. Sa décision fut fortement appuyée par Bernard de Tramelay, alors maître de l’ordre des templiers. À la tête d’une quarantaine de chevaliers, il lança l’attaque le 16 août 1153 sans avertir le roi Baudouin III. Ils furent tous massacrés et tués par les assiégés. Toutefois, Ascalon fut reprise le 22 août 1153 et les templiers élurent André de Montbard comme leur nouveau maître. 

    La bataille de Montgisard (25 novembre 1177)

    La bataille de Montgisard fut l’un des premiers combats menés par Baudouin IV, alors seulement âgé de seize ans. Le jeune roi de Jérusalem réussit le 25 novembre 1177, lors de cette bataille, à repousser Saladin qui voulait conquérir le royaume de Jérusalem. À cette époque, l’empire byzantin et le royaume de Jérusalem projetèrent de s’allier afin de mener une guerre contre l’Égypte dirigée par Saladin. Mais Baudouin IV, atteint gravement de lèpre, est incapable de prendre le commandement de l’armée du royaume. Il propose alors à Philippe d’Alsace, comte de Flandre, de mener la campagne avec son armée. Ce dernier refuse, ce qui obligea les Byzantins à retourner chez eux.

    templier guerrier

    Philippe d’Alsace quitte également Jérusalem et se rend dans la ville de Tripoli en octobre 1177. Là, avec le comte Raymond III, il essaie sans succès d’assiéger la forteresse de Hama. Le roi Baudouin qui avait participé au siège de Hama en envoyant des troupes, ne laissa que quelque cinq cents chevaliers à Jérusalem. Saladin, profitant du fait que les armées flanques étaient en Syrie du Nord pour guerroyer, décida de marcher avec ses troupes vers la ville de Jérusalem.

    Les chevaliers du temple, apprenant l’arrivée de l’armée de Saladin, se retranchent derrière la forteresse de Gaza et résistent aux assauts de Saladin. Face à cette résistance, Saladin et son armée abandonnent Gaza et décident d’attaquer Ascalon. Le roi Baudouin IV regroupe alors une troupe composée de 500 soldats pour défendre la ville. Apprenant que les chevaliers francs sont cachés à l’Ascalon, le roi égyptien décide de poursuivre sa marche vers le royaume de Jérusalem en contournant la ville.

    Le roi Baudoin IV avertit les chevaliers de l’ordre du temple qui le rejoignent rapidement, 600 chevaliers en tout. Au lieu de rester retranchés à Ascalon, ils décident de monter également vers Jérusalem, à la rencontre de l’armée ennemie. Ils rejoignent Saladin au sud de Montgisard précisément dans l’Oued de Tell al-Safiya.

    L’armée chrétienne, nettement en infériorité numérique, attaque les armées musulmanes qui s’étaient éparpillées et tue plusieurs ennemies, dont un nombre important de généraux. Devant le massacre de ses troupes, Saladin va trouver refuge auprès de sa garde personnelle constituée uniquement par des guerriers mamelouks. Ces derniers essaient de contenir l’assaut de la chevalerie franque, mais vont être tous tués. Saladin échappe quant à lui à la mort, et s’enfuit vers son pays avec quelques hommes de son armée. 

    La bataille d’Arsouf (7 Septembre 1191)

    templier epoque

    Le 7 septembre 1191, l’armée croisée de Richard Cœur de Lion, composée de plus de 20 000 soldats, était opposée à l’armée ayyoubide, également de 20 000 hommes. C’est la bataille d’Arsouf. En effet, après la chute du royaume de Jérusalem, les occidentaux décident de lancer une troisième croisade.

    Mais après la noyade accidentelle de l’empereur allemand Frédéric Barberousse, la majorité des hommes de sa troupe décide de se retirer. Les rois anglais et français, Richard Cœur de Lion et Philippe Auguste ainsi que Robert de Sablé, le grand-maître de l’ordre du temple, débarquent à Jérusalem. Aussitôt, ils prennent la ville de Saint-Jean-d’Acre qui était assiégée. 

    Cependant, le roi Philippe Auguste revient en France et ne laisse que 10 000 soldats placés. Il place alors le duc Hugues III de Bourgogne comme chef du commandement. Le roi Richard Cœur de Lion, entame des négociations avec Saladin pour reprendre La Vraie Croix en échange de la libération  des prisonniers musulmans défenseurs d’Acre. Cependant, ayant remarqué que Saladin faisait traîner les négociations, il ordonne la tuerie de tous les prisonniers musulmans, ce qui révolte Saladin et ses troupes.

    Le roi Richard Cœur de Lion, soutenu par son allié Robert de Sablé, quitte la ville de Saint-Jean-d’Acre dans le but de reconquérir le littoral palestinien. Il prend rapidement la ville de Caiffa sans aucun encombre et s’engage vers Arsouf. Mais quand les croisés atteignent la ville, ils sont entourés par les chevaliers turcs. Toutefois, Richard parvient à reprendre le contrôle de la situation pour finalement infliger d’importantes pertes aux cavaliers musulmans.  

    La conquête de Majorque (5 septembre 1229):

    templiers histoire

    Résolument engagé à conquérir la ville de Majorque pour la faire passer sous la souveraineté de la Couronne d'Aragon, le roi Jacques 1er atterrit dans la commune de Santa Ponça en Septembre 1229 accompagné de plus de 150 bateaux. Les chevaliers templiers, après avoir aidé le roi à mettre en place une nouvelle administration, participent de manière décisive à la préparation de l'opération militaire et sa conduite. Le roi Jacques 1er réussit à conquérir la ville après de longues et acharnées batailles avec les musulmans qui ont opposé une vive résistance. 

    La bataille de Mansourah (8 Février 1250):

     La bataille de Mansourah est l’une des expéditions de la Septième croisade voulue par le pape Innocent IV.  Elle fut la première expédition à laquelle participa Louis IX qui débarque avec les croisés près de Damiette et la prend en juin 1249. Cependant, ils restent bloqués pendant plus d’un mois et toutes leurs tentatives de franchir la ville de Caire échouent.

    Le comte Robert 1er, le frère de Louis, désobéit aux ordres des templiers qui recommandaient de patienter et d’attendre le gros de l’armée, attaque les troupes égyptiennes. L’avant-garde franque pénètre alors dans la ville de Mansourah et s’éparpille dans les rues.

    Profitant de cette désorganisation, les mamelouks turcs, qui étaient repliés, lancent une contre-attaque et encerclent les croisés.  De tous les chevaliers de l’ordre du temple, 295 sont massacrés dont le grand-maître Guillaume de Saunhac.

    Raoul de Coucy, le comte de Salisbury et Robert d’Artois, l’investigateur de l’attaque, y perdent également la vie. Seuls Guillaume de Sonnac et quelques chevaliers s’en sortent vivants. Le soir même de cette sanglante défaite, Saint Louis et le gros de l’armée anéantissent mamelouks turcs. Cependant, l’effectif des templiers est presque décimé. 

    La chute de l’ordre du temple:

    templier moyen age

    La chute de l’ordre du temple intervient au début du XIVe siècle lorsque la forteresse de Saint-Jean-D’acre tomba aux mains des musulmans. Les templiers alors expulsés de la Terre Sainte sans aucune chance de la reconquérir décidèrent de retourner en Occident. Il s’est alors posé très tôt la question de leur utilité puisqu’ils étaient chargés de protéger les pèlerins.

    Le roi de la France, Philippe le Bel, profitant de cette situation, décide de la destruction de l’ordre. En effet, Philippe le Bel, avec son ambition de devenir une sorte de pape dans son royaume, était frontalement opposé à la papauté, et ce, depuis le pontificat de Boniface VII.

    Il orchestre alors une vaste campagne de dénigrements et de calomnies contre l’ordre du temple encore très puissant puisque placé sous l’autorité exclusive du souverain pontife. Il organise par la suite, en connivence avec l’inquisition, une importante opération policière. Ladite opération aboutit à l’arrestation le 13 Octobre 1307 de tous les chevaliers de l’ordre du temple du royaume.

    Philippe le Bel confisque alors tous leurs biens. Emprisonnée puis torturée, la majorité des templiers, y compris les principaux dignitaires, est interrogée à Paris. Sidérés et menacés, beaucoup vont passer aux aveux. Ils sont alors accusés par les inquisiteurs d’inciter les nouveaux membres à l’homosexualité, d’adorer des idoles, de rejeter la croix ou de cracher sur elle. De nombreuses arrestations sont alors opérées dans toute l’Europe.

    Mais au printemps 1310, les templiers se ressaisissent en France et vont dénoncer les conditions dans lesquelles leurs interrogatoires ont eu lieu. Ils en profitent pour clamer leur innocence et reviennent sur leurs aveux. Dans la foulée, 54 frères sont condamnés au bûcher et sont brûlés le 12 mai 1310 à Paris. L’ordre abandonne alors sa résistance. Les templiers seront finalement supprimés par le pape Clément V au concile de Vienne le 22 mars 1312. Tous leurs biens sont attribués à l’ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.

    Le patrimoine des templiers

    templier religion

    L'ordre des templiers possédait essentiellement des monastères (des commanderies) situés un peu partout en Europe et des forteresses dans la péninsule Ibérique, mais aussi au Proche-Orient. Après l'arrestation des templiers, le nombre de commanderies érigées s'élevaient à plus de 9000 dont près de 1700 en France. À la suite de la prise de la Terre Sainte par les musulmans, l'ordre abandonna toutes ses forteresses dans la région et s'installa définitivement sur ses possessions en Europe.


    En résumé, les templiers sont des hommes de toutes origines et de toutes conditions, qui formaient au Moyen-âge un ordre religieux et militaire “l’Ordre du Temple”. Ils ont joué divers rôles majeurs, notamment la protection de l’Église et des pèlerins de la Terre Sainte.

  • 17)Les seigneurs de Brancion.

    LES SEIGNEURS DE BRANCION. 
    
    
    
    D'où venaient ces hommes puissants qui choisirent le roc escarpé de Bran- 
    don pour y bâtir leur château fort et qui prirent leur nom de ce lieu ? Ce 
    sont des hommes de la conquête, et bien certainement de la conquête bur- 
    gonde ; leurs noms, — Warnulfus, Galterius, Bernardus, Willelmus, Landricus, 
    Gausceranus, — sont germains. Celui qui fut la tige de la Maison de Bran- 
    don devait être un guerrier renommé, un compagnon d'armes de Gondi- 
    caire, et, lorsque Gondioc, successeur de Gondicaire, partagea les terres con- 
    quises entre les Bourguignons et les Gallo-Romains, ce premier Brancion 
    reçut en récompense de sa valeur de grandes possessions, d'immenses terri- 
    toires, dans lepagus Cabilonensis et dans le pagus Matisconensis. Toutefois on 
    ne peut suivre la généalogie des Brancion depuis cette époque, parce que, 
    d'abord, nous n'avons pas de documents remontant si loin dans le cours des 
    siècles, puis, avant le xn c siècle, les seigneurs ne portaient pas encore le nom 
    de leur terre, et, de là, de grandes difficultés pour établir une filiation exacte. 
    Heureusement, cette dernière difficulté n'existe pas pour les Brancion : ces 
    seigneurs étaient si riches, si puissants, qu'on les surnommait les Gros, — 
    nous apprend le vieil historien Pierre de Saint-Julien de Baleurre ; or ce sobri- 
    quet, ce surnom, accompagnant toujours le nom du seigneur de Brancion, 
    Landricus Grossus, Bernardus Grossus, Jocerannus Grossus, — une erreur 
    devient impossible, depuis le XIe siècle, dans la généalogie de cette Maison. 
    
    WARNULPHE OU WARULPHE DE BRANCION.
    
    « En l'an 1ooo », écrit Guichenon, « vivoit un seigneur de Brancion qui 
    « n'est point autrement désigné au cartulaire de Cluny, et fut père de deux
    « enfans, sçavoir Varulphe de Brancion et Gaultier de Brandon, prévost de 
    « l'Eglise de Mascon. » Ici, Guichenon se trompe : ce seigneur de Brancion 
    vivant en l'an 1ooo, et qui n'est point nommé, n'est pas le père de Wamulphe 
    mais Wamulphe lui-même, puisque, en 996, Wamulphe de Brancion est cité 
    avec son frère Gaultier, prévôt de Mâcon, et Letbald, évêque de Mâcon, leur 
    oncle maternel, avunculus. 
    
    Dans le temps que Letbald était clerc, Mayeul, abbé de Cluny, lui donna 
    en précaire, en 978-979, une terre appelée Casoia. Letbald aliéna cette terre; 
    mais Wamulphe de Brancion et son frère Gaultier la restituèrent à Cluny  
    
    Il est encore parlé de Wamulphe ou Warulphe de Brancion dans une lettre 
    que le pape Benoît VIII écrivit aux évêques et aux principaux seigneurs de 
    Bourgogne, contre ceux qui usurpaient les biens du monastère de Cluny 4 . 
    
    JOCERAND I DE BRANCION.
    
    Wamulphe ou Warulphe de Brancion eut pour fils Jocerand. Ce Jocerand 
    nous est seulement connu par une charte, postérieure à 1074, dans laquelle 
    Bernard de Brancion, religieux à Cluny, cite son grand-père paternel, avus, 
    Jocerand, et son père Bernard.
    
    BERNARD GROS.
    
    Bernard Gros, fils de Jocerand, est témoin, le 18 novembre 1039, d'une 
    donation faite au monastère de Cluny par une dame nommée Ermengarde 6 . 
    
    Par une charte datée de Cluny, sous le règne du roi Henry, Bernard, sur- 
    nommé Gros, Bernardus cognomento Grossus, donne à l'abbaye de Cluny les cou- 
    tumes qu'il avait sur un manse sis à Montigny, manse tenu par Theudinus; 
    il donne aussi à Cluny un serf nommé Muntelmus et ses enfants 7 . 
    
    Vers le même temps, entre 1040 et 1060, Bernard Gros étant à Mâcon, devant 
    l'autel de saint Vincent, martyr, en présence de l'évêque Gaultier et des cha- 
    noines de l'Église de Mâcon, donne auxdits chanoines la dîme de sa conde- 
    mine de Sercy, dans la paroisse de Sainte-Marie d'Ameugny ' ; il leur cède 
    également un setier de vin et un pain que ses ministres, ses officiers, minis- 
    tri ejusdetn Bernardi, devaient prendre des hommes des chanoines de Mâcon 2 . 
    
    Tout en faisant des largesses aux chanoines de Saint-Vincent de Mâcon, le 
    seigneur de Brancion s'emparait sans scrupule des dîmes et des revenus que 
    l'Église de Mâcon percevait sur des domaines compris dans la terre de Bran- 
    cion. L'évêque Gaultier de Beaujeu le menaça de l'excommunication. Comme 
    alors les puissants barons ne craignaient et ne redoutaient que les foudres de 
    l'Église, Bernard Gros vint, en 1046, demander pardon à l'évêque de Mâcon 
    et restitua au Chapitre tout ce qu'il avait usurpé sur leurs biens K 
    
    Plus tard, entre 1063 et 1070, Bernard Gros, reconnaissant que ses ancêtres 
    avaient injustement retenu la villa de Chissey, villa Ciciacum, fit donation de 
    cette villa aux chanoines de Mâcon. Quelque temps après, Jocerand, Gauscerar 
    nus, et Bernard, fils de Bernard Gros, demandèrent humblement à Drogon, 
    évêque de Mâcon, la cession de cette terre à titre précaire. Drogon accéda à 
    leur requête et leur céda la villa de Chissey de la même manière que l'empe- 
    reur Charles l'avait jadis donnée à l'Église de Saint-Vincent, excepté que 
    l'Église de Mâcon aura la justice sur la terre de Chissey et percevra chaque 
    année, à la fête de saint Vincent, à Chissey, douze deniers de cens. Après la 
    mort de Jocerand et de Bernard, les biens concédés feront retour à l'Église de 
    Saint-Vincent de Mâcon. 
    
    Au commencement de l'année 1070, Bernard Gros, chevalier, miles, remet 
    aux religieux de Cluny, terres qu'il leur avait injustement disputées ; ces 
    terres étaient sises à Saint-Hippolyte, à Montagny et à Vaux; son fils Jocerand est cité dans cette charte x . A la même date, Bernard Gros fait savoir de 
    nouveau qu'il donne à Dieu et aux religieux de Cluny le clos du Mont a , à la 
    louange de ses fils. 
    
    Bernard Gros, seigneur d'Uxelles, de Brancion et de Blanot, fit construire 
    le château d'Uxelles au temps de saint Hugues, abbé de Cluny 4 ; il alla à 
    Rome demander le pardon d'un anathème qu'il avait encouru pour avoir com- 
    mis des déprédations sur les terres des Clunistes, et, à son retour, il mourut à 
    Sutri; ce décès arriva avant le 10 juillet 1070. 
    
    Bernard Gros avait épousé, en 1035, une dame nommée Ermentrude ou 
    Aremburge. Cette dame nous est connue par les deux chartes suivantes : 
    Ermentrude, femme de Bernard de Brancion, Ertnentrudis, uxor Bernardi Bran- 
    cedunensis, donna au monastère de Cluny, avant la mort de son mari, un 
    manse à Lium y et ce qu'elle avait à Nocles, à Caisiaco et à Macheriaco '. Vers 
    le même temps, Ermentrude, tnulier Bernardi Branceduntnsis, donna au même 
    monastère de Cluny, pour sa sépulture, des terres à Culles, à Collonges et à 
    Chessy. 
    Du mariage de Bernard Gros et de dame Ermentrude vinrent : 
    
    Landric Gros, qui fut seigneur de Brancion ; 
    
    Artaud, doyen de Lourdon ; 
    
    Bernard, prieur de Saint-Marcel en 1093, puis grand prieur de Cluny; 
    
    Landric, moine à Cluny; 
    
    Jocerand, moine à Cluny, mort vers 1 100, inhumé à Cluny ; 
    
    Seguin ; 
    
    Hugues ; • 
    
    Bonspar ; 
    
    Norbert de Brandon, marié à Dalmace de Gintio.
    
    Jocerand et Bernard, moines à Cluny, sont au nombre des bienfaiteurs du 
    monastère. Lorsqu'il prit l'habit religieux, Jocerand Gros, à la louange de son 
    frère Bernard, donna à l'abbaye de Cluny sa condemine de Sercy, à Ameugny, 
    et son pré de Cortevaix a . Le 10 juillet 1070, Jocerand, fils de Bernard Gros, 
    et ses frères Bernard, Bernh ardus, Landric, Hugues et Bonspar, donnent au 
    monastère de Cluny, pour le remède de l'âme de leur père Bernard, une très 
    bonne vigne, unam vineam opiimam, avec la maison, le pressoir et un bois ; le 
    tout sis au comté de Chalon, au pays de Mont K En 1074, Jocerand confirma 
    les anciennes donations faites au monastère de Cluny par ses ancêtres ; ces 
    biens étaient tenus par Dalmace, chevalier de Jocerand, miles meus Dalmacius ; 
    la charte concerne aussi l'église de Saint-Martin dans le village à'Ainai 4 . 
    
    Bernard Gros, moine à Cluny, donne à ce monastère la condemine de 
    Talangunt, une vigne, un serf nommé Rodolphe, la femme de ce serf, leur 
    maison, le manse de Clément, cet homme, sa femme, leur fils, leur fille et la 
    femme de leur fils ; donation faite à la louange de Humbert de Cortevaix et 
    approuvée par Landric Gros, frère de Bernard $ . Quelque temps après, Bernard 
    Gros, frère de Jocerand et fils de Bernard, confirme les donations faites à 
    l'abbaye de Cluny par le moine Jocerand Gros. Celui-ci avait donné à Cluny 
    pour le remède de son âme, de celle de son grand-père paternel Jocerand, de 
    son père Bernard, et de tous ses parents, l'église d'Ainai, en Maçonnais, trois 
    condemines à la grange de Sercy, le pré de Vaurerdla, et la franchise de ses 
    hommes de Confrançon, in Curtfrancean 6 . Vers 1093, Humbert et Roclenus con- 
    firment, entre les mains de Bernard Gros, prieur de Saint-Marcel, une dona- 
    tion faite à cette abbaye par Guy le Roux, leur frère 7 . Bernard Gros devint 
    ensuite grand prieur de Cluny. Son frère Jocerand Gros fut aussi prieur de 
    Cluny ; il reçut en cette qualité, — in manu domni Jo^eranni cognomento Grossi, 
    tune temporis prioris Cluniacensis, — une donation faite à son monastère par  
    Durand de Saint-Nicet et par son frère Guy ; les témoins de cette donation 
    sont les trois nobles hommes Ansédée du Blé, Humbert le Hongre et Geoffroy de 
    Cluny.
    
    Pour le repos de l'âme de leur grand-père paternel Jocerand, de celles de 
    leur père et de leur mère, ainsi que de tous leurs ancêtres, Landric et Bernard, 
    son frère et cohéritier, donnent aux religieux de Cluny, le 6 avril 1087, ce qu'ils 
    possèdent à Malay dans le pays maçonnais. 
    
    On trouve vers ce temps un autre Jocerand Gros, qui me paraît frère de 
    Bernard Gros, seigneur de Brancion. Ce Jocerand est désigné sous le nom 
    de Jocerand Gros du château d'Uxelles de castro Uscela. En 1074, du consen- 
    tement de Guy, comte de Mâcon, Jocerand Gros du château d'Uxelles donne 
    à l'abbaye de Cluny l'église de Saint-Laurent-lès-Mâcon, de l'autre côté de la 
    Saône, un manse à Command, dans la paroisse de Cray, trois condemines à 
    la grange de Sercy, un manse avec un serf nommé Lébald et ses enfants, i 
    Mont, un autre serf nommé Girbaldus avec ses enfants, habitant le village de 
    Casenuoles 6 . 
    
    Le 15 juin 1100, Seguin de Brancion est témoin d'une donation faite aux 
    religieux de Cluny, par Etienne de Neublans, de tout ce qu'il possédait dans 
    les villages de Blanot, de Prayes et de Chissey, au comté de Mâcon 8 . 
    Quelques années auparavant, vers 1096, Hugues li Abondant frère d'Etienne 
    de Neublans, avait donné aux mêmes religieux, entre les mains de Hugues, 
    abbé de Quny, de Jocerand, prieur, d'Artaud, doyen de Lourdon, et en pré- 
    sence de Landric Gros, ce qu'il possédait dans la justice et dans le village de 
    Blanot.
    
    LANDRIC GROS 
    
    Landric Gros était seigneur de Brancion au mois de juillet 1070. Vers ce 
    temps, il donne au monastère de Cluny ce qu'il possède depuis le chemin 
    allant de Talangunto jusqu'au bois de Tremble, jusqu'au village de Taise  et 
    jusqu'au bois de Troncy ; le seigneur de Brancion reconnaît aussi aux moines 
    la possession de tous les biens qu'ils ont achetés ou échangés dans les limites 
    portées dans sa donation ; Bernard Gros, alors grand prieur de Cluny, frère de 
    Landric, autorise cet acte. Par la même charte, Landric Gros donne encore à 
    l'abbaye de Cluny un serf nommé Robert, sa femme, son fils et le manse où 
    habitait ce serf, un autre serf nommé Mus, sa femme, ses fils et leur terre, et 
    tous les serfs qu'il a dans les villages de Command a et de Sercy ; enfin, par 
    ce même acte, Landric Gros et Bernard approuvent une donation faite aux 
    religieux de Cluny, par leur frère Jocerand, d'un serf nommé Engiklmus, de sa 
    femme, de ses fils et de la terre cultivée par cette famille. Témoins : Engel- 
    bert de Cortevaix, Mus de Cray, Bertrand de Vers '. 
    
    Bernard Gros, seigneur de Brancion, avait donné à l'église de Saint-Vincent 
    de Mâcon la villa de Chissey. Après la mort de Bernard, son fils Landric Gros, 
    en présence de Landric, évêque de Mâcon 4 , d'Odon, doyen, et des chanoines 
    de l'Église de Mâcon, confirma la donation faite par son père et y ajouta les 
    droits qu'il pouvait avoir à Chissey. Jocerand et Bernard, moines à Cluny et 
    frères de Landric Gros, confirmèrent également la donation de défunt Bernard 
    Gros. Les témoins de cette charte de confirmation furent : Letbald de Digoine 
    et son fils, Ansédée de la Tour du Blé, Claire de Rais ou de Crais, Jocerand et 
    Ingelbert de Montagny, frères, Humbert le Hongre, Robert de Bresse, Hugues 
    de Fais, Bertrand de Vers $ . 
    
    Malgré leurs nombreuses donations au monastère de Cluny, les seigneurs 
    de Brancion restaient, de père en fils, les ennemis pour ainsi dire irréconciliables des Clunistes; pour ces puissants barons, la force, la violence, rem- 
    plaçaient le droit et, parfois, ils devenaient de véritables brigands de grand 
    chemin. Un jour la sentinelle, la guette, de Brancion signale un convoi sur 
    les terres de Landric Gros : c'étaient des marchands de Langres se rendant à 
    Cluny. Le seigneur de Brancion s'élance à leur poursuite et s'empare de leurs 
    denrées. Cependant, sur les réclamations de l'évêque de Langres et de l'abbé 
    de Cluny, il consentit à en rendre une partie. Mais les marchands, afin de 
    recouvrer le surplus et acquérir la faculté de passer dorénavant sans aucune 
    exaction sur les terres du seigneur de Brancion, accordèrent de lui payer 
    annuellement une redevance. Cet avantage encouragea Landric Gros : à partir 
    de ce moment, il arrêtait, ou faisait arrêter par ses gens, toutes les personnes, 
    — marchands, pèlerins ou autres, — qui passaient sur ses domaines et leur 
    imposait un droit de péage. Comme les religieux de Cluny étaient obligés de 
    payer le péage, cette mesure les inquiétait; ils sollicitèrent et prièrent Landric 
    de s'en départir; à l'instigation de Bernard, chambrier de Cluny et frère de 
    Landric Gros, il fut accordé que, moyennant trois cents sols, ce droit serait 
    racheté du seigneur de Brancion tant pour les moines de Cluny que pour 
    toutes autres personnes passant sur les terres de ce seigneur. Jocerand, fils de 
    Landric Gros, est témoin de l'accord x . 
    
    Vers ce temps, Landric Gros réclamait aux Clunistes un serf, nommé Hum- 
    bert, qui leur avait été donné par dame Amélie ; mais peu après, en 1080, le 
    seigneur de Brancion reconnut que ce serf et sa famille appartenaient bien au 
    monastère de Cluny, confirma la donation de dame Amélie, ainsi qu'une 
    autre donation faite au monastère par Durand Bastart, à la louange de Hum- 
    bert de Cortevaix, et comprenant un journal de terre au long de la condemine 
    de Confrançon *. A peu près à la même date, Landric Gros vendit aux parents 
    de Hugues, célérier de Cluny, un manse à Sercy ' tenu par Gandolgarius ; Lan- 
    dric Gros reçut une cuirasse, unam hrkam, valant cent sols 4 . 
    
    En présence de sa femme Ermengarde, Bernard Gros avait donné au monastère de Cluny une de ses serves nommée Eldiarde, femme de Durand, serf de 
    Saint-Pierre de Cluny, ainsi que ses fils et ses filles. Après la mort de Ber- 
    nard Gros, Landric Gros, son fils et héritier, beres et filius, prétendit que cette 
    serve et sa descendance lui appartenaient. Mais vers i ioo, sur les remontrances 
    d'Artaud et de Bernard, ses frères, en présence de Hugues, abbé de Cluny, de 
    Jocerand Gros, son fils, et à la louange de ses autres enfants, le seigneur de 
    Brandon abandonna ses prétentions et remit Eldiarde et sa famille au monas- 
    tère de Cluny '. A la même date, Landric Gros est témoin d'une donation 
    faite aux Clunistes par Jocerand de Beresi % et, en iioi, il assiste à un accord 
    intervenu entre Eudes, duc de Bourgogne, et l'abbé de Cluny, au sujet de la 
    justice de Givry '.